Sous le pontificat de Pie V, dans la seconde moitié du XVIe siècle, le complexe fut encore agrandi avec la construction du Palazzo del Commendatore, à l’initiative de Bernardino Cirillo, alors Commendatore du Saint-Esprit, et réalisé par l’architecte Nanni di Baccio Bigio.
Le palais, ancienne et actuelle résidence de l’administration de l’hôpital, s’organise autour d’une élégante cour à portiques, ornée d’une fontaine monumentale et dominée par une imposante horloge à six heures. Des vestiges de l’époque impériale enrichissent le portique, qui donne accès à de vastes salles, parmi lesquelles l’Accademia Lancisiana, dotée de sa propre bibliothèque, ainsi que la Spezieria, où sont exposées aujourd’hui des collections de vases anciens, albarelli et cruches. Ces objets témoignent de l’importante activité de recherche scientifique et de collecte de plantes médicinales menée au sein de l’hôpital.
Points of interest
Façade du Palazzo del Commendatore sur Borgo Santo Spirito
Le palais fait office de lien entre le bâtiment des Salles Sistines et l’église du Saint-Esprit in Sassia. Il est relié à l’église par un corps de bâtiment percé d’une grande fenêtre en Serlienne.*La structure linéaire du palais, typiquement Renaissance, fut réalisée par Nanni di Baccio Bigio, élève de Sangallo. La façade, encadrée aux deux extrémités par un bossage et divisée en deux niveaux par une double corniche, présente, au rez-de-chaussée, des fenêtres agenouillées*, qui accentuent l’élan vertical repris par les fenêtres de l’étage noble, tout en étant équilibré par les ouvertures plus petites et carrées du mezzanine.L’imposant édifice est couronné par une riche corniche ornée d’oves et de denticules, qui constitue l’un des éléments les plus remarquables de la façade, aux côtés du monumental portail en bossage, surmonté des armoiries de l’hôpital et donnant accès à la cour. * La Serlienne est un élément architectural composé d’une grande ouverture centrale en arc plein cintre, encadrée symétriquement par deux ouvertures plus petites surmontées d’un linteau ** Type d’ouverture particulièrement utilisée au rez-de-chaussée : son appui repose sur des supports saillants qui rappellent ceux d’un agenouilloir.
Intérieur de la Cour
Depuis le portail principal, un passage voûté en berceau mène à une vaste cour à double portique, où des arcades en plein cintre reposent sur 20 colonnes—doriques au rez-de-chaussée et ioniques à l’étage noble. Le long du portique, se dressent les portails monumentaux de Clément VIII et d’Alexandre VII, chacun surmonté de ses armoiries respectives, donnant accès à l’église et aux Salles Sistines. D’autres portes mènent à la Spezieria et à l’Accademia Lancisiana. Sur l’arcade centrale du côté sud, un blason en marbre arbore fièrement la croix à double traverse accompagnée d’une tour, emblème du Commandeur Bernardino Cirillo, à qui l’on doit la construction du palais.
Fontaine de Paul V
Au centre du mur sud de la cour se dresse une fontaine monumentale. Initialement installée à l’entrée du palais du Vatican par Paul V en 1614, elle fut déplacée lors de la construction de la colonnade du Bernin et offerte au Palazzo del Commendatore par Alexandre VII en 1677. La fontaine est surmontée d’un fronton brisé, au centre duquel figurent un dragon surmonté d’un aigle, emblèmes héraldiques de Paul V. De part et d’autre, deux pilastres en marbre gris aux chapiteaux ioniques encadrent l’ensemble. Sous l’inscription dédicatoire d’Alexandre VII, dans une niche en forme de coquille, un angelot tenant une corne d’abondance est flanqué de deux petits dragons. En dessous, deux visages grotesques soutiennent un bassin d’où l’eau s’écoulait autrefois dans trois vasques inférieures. L’ensemble se termine en bas par un grand mascaron placé sur le bassin de collecte de forme semi-circulaire.
Horloge
Le côté sud du portique est dominé par une horloge installée par le Commandeur Antonio Maria Pallavicini. Le grand cadran, divisé en six heures et encadré par un serpent, possède une seule aiguille en forme de lézard. Durant la République française, le cadran fut modifié pour afficher douze heures, mais il fut rétabli en six heures, même après que Pie IX imposa l’usage du système horaire français en 1846.



